Nutraveris
jeudi 14 juillet 2011
Catégorie : Nutrilégal | Auteur : experts
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Alors qu’un important marché existe autour du sport, deux avis parus il y a deux semaines, par les agences européenne et française de sécurité alimentaire (respectivement EFSA et ANSES) tombent un peu comme un coup de massue pour les opérateurs, à tel point que l’on en viendrait à se demander s’il ne s’agit pas d’une fin annoncée pour ces produits.
Ce vaste marché comprend notamment les produits diététiques pour sportifs tels que barres de céréales, boissons ou poudre de protéines, ainsi que les compléments alimentaires, à base de plantes, de vitamines, minéraux ou encore de diverses substances telles que la carnitine, la taurine, la créatine et bien sûr les protéines. Ce sont très précisément ces dernières substances qui sont visées par les avis des agences, celles-ci étant la pierre angulaire d’une grande majorité des produits concernés.
En effet, L’Anses a publié il y a deux semaines un avis sur les risques liés aux substances à but nutritionnel ou physiologique dans l’objectif de restreindre ou interdire leur emploi dans les denrées alimentaires. Dans cet avis au titre évocateur, l’agence remet en question l’intérêt de l’enrichissement de denrées alimentaires en acides aminés, considérant ainsi les apports de l’alimentation courante de l’ensemble de la population « très au dessus des apports nutritionnels conseillés ». Elle explique ainsi le bouleversement physiologique de l’équilibre du bilan azoté et la modification des pools circulants dont pourrait découler un apport en acides aminés au-delà des besoins, et évoque la possibilité d’entrer dans une zone toxique. Bien que la complexité métabolique et physiologique des acides aminés soit un obstacle à la mise en place d’études toxicologiques complètes, l’agence indique qu’il est néanmoins capital de déterminer la frontière entre niveau d’apport apportant un bénéfice et apparition de la toxicité. Elle ajoute ainsi que les acides aminés sont l’illustration du manque voire de l’absence de données toxicologiques concernant les substances à but nutritionnel ou physiologique.
Dans le même temps, jeudi 30 juin 2011, le 5ème lot d’avis sur les allégations de santé a été publié par l’Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire (EFSA). Ainsi, les allégations relatives au sport concernant la carnitine, la glutamine ou la tyrosine, se sont toutes vues recevoir un avis négatif. L’autorité Européenne indique qu’une relation de cause à effet n’a pas été établie entre la consommation de ces substances et la récupération musculaire après l’exercice, la réparation du tissu musculaire et le maintien de la masse musculaire notamment.
Alors que le marché de l’aliment pour sportif se porte bien, ces deux avis, dont la publication a eu lieu coup sur coup dans le courant de la semaine du 27 juin, pourrait jeter un froid sur les opérateurs du marché, dont la capacité à formuler ainsi qu’à communiquer semble se réduire. D’autant que la commission européenne a publié une proposition de texte de remplacement de la Directive 2009/39/CE sur les DADAP, il y a trois semaines, dans laquelle la catégorie destinée au sportif n’existerait plus. La Commission proposerait alors que ceux-ci appartiennent à la catégorie des aliments courants. Nutraveris est d’ores et déjà sur le qui-vive afin de trouver des solutions pour répondre à tout cela…

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