Nutraveris

Archives

mardi 29 novembre 2011

Une trop faible consommation de sodium pourrait favoriser les maladies cardiovasculaires.

La relation entre une forte consommation de sel et la survenue de maladies cardiovasculaires a été largement décrite. Les recommandations nutritionnelles préconisent d’ailleurs une réduction de l’apport en sel. Mais une réduction trop importante est-elle bonne pour la santé ? D’après une étude publiée récemment dans le journal of the american medical association, la réponse semble être négative.

En estimant la consommation de sodium par la mesure de son excrétion urinaire chez deux cohortes de patients présentant un historique de maladies cardiovasculaires ou de diabète, les auteurs ont évalué le lien entre la consommation de sel et la survenue d’incidents cardiovasculaires (décès d’origine cardiovasculaire, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral ou insuffisance cardiaque). Ce suivi a été réalisé pendant plus de 6 ans chez 28880 sujets. Les résultats confirment la relation entre la survenue des maladies cardiovasculaires et les apports élevés de sodium, avec par exemple 11% de risque supplémentaire de décès pour une forte consommation de sel. Mais, plus intéressant, des apports trop faibles de sodium sont également associés à un risque accru d’insuffisance cardiaque (+5%) et de décès d’origine cardiovasculaire (+9%). A la lumière de cette étude, les recommandations nutritionnelles préconisant une réduction importante de l’apport de sel doivent peut-être être revues pour y insérer une dose minimale de consommation de sel.

Référence : O’Donnell, M. J., S. Yusuf, A. Mente, P. Gao, J. F. Mann, K. Teo, M. McQueen, P. Sleight, A. M. Sharma, A. Dans, J. Probstfield and R. E. Schmieder (2011). « Urinary sodium and potassium excretion and risk of cardiovascular events. » JAMA 306(20): 2229-2238.

vendredi 25 novembre 2011

Publication du règlement concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires

Le règlement n° 1169/2011/CE du 25 octobre 2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires (règlement INCO) vient d’être publié au Journal officiel de l’Union européenne.
Les dispositions à remarquer sont les suivantes :
- Lisibilité : la taille minimale est de 1,2mm avec une dérogation à 0,9mm pour les emballages dont la plus grande surface est inférieure à 80cm².
- Déclaration des allergènes : ceux-ci doivent être mis en relief et la répétition des allergènes présents est obligatoire
- Etiquetage de l’origine : les modalités d’application sont à définir concernant l’étiquetage obligatoire de l’origine des ingrédients primaires (ingrédients représentant plus de 50%) si l’origine est différente de celle étiqueté sur le produit
- Etiquetage nutritionnel : celui-ci devient obligatoire (valeur énergétique + 6 nutriments) excepté pour les eaux et compléments alimentaires
- Déclaration des huiles végétales : il faut énumérer chaque huile

Le règlement n° 1169/2011/CE entrera en vigueur le 13 décembre 2011 soit 20 jours après sa publication dans le journal officiel de l’UE. Les délais d’application s’étaleront de 3 à 5 ans à partir du 13 décembre 2011.

jeudi 10 novembre 2011

Effet antidépresseur du thé vert

Après le millepertuis, les oméga 3 et le safran, le thé vert sera-t-il le prochain ingrédient star sur le segment de la déprime ?
En effet, des études récentes ont mis en évidence qu’une consommation plus élevée en thé vert entraîne une prévalence plus faible des symptômes de la dépression chez les individus âgés. Cette étude menée dans un modèle murin de dépression a permis de démontrer que le thé vert exerce des effets antidépresseurs, et que le mécanisme impliquerait l’inhibition de l’axe hypothalamo-pituitaire-adrénalien.
Les souris ont reçu par voix orale des polyphénols de thé vert (PTV; 5, 10 et 20mg/kg) pendant 7 jours avant de passer les tests de la nage forcée et de la suspension par la queue 60min après la dernière administration de PTV. Les PTV ont significativement réduit l’immobilité dans les deux tests sans altérer l’activité locomotrice dans le test en champs ouvert. Ces résultats laissent penser que les PTV ont des effets antidépresseurs, et cela sans provoquer de modification moteur non-spécifique chez les souris. Enfin, les PTV ont également réduit les taux de corticostérone sérique et d’ACTH des souris soumises au test de suspension par la queue.

Références : Zhu WL, Shi HS, Wei YM, Wang SJ, Sun CY, Ding ZB, Lu L. Green tea polyphenols produce antidepressant-like effects in adult mice. Pharmacol Res. 2011 Sep 22.

mardi 8 novembre 2011

Avis de l’ANSES relatif à une demande d’autorisation de mise sur le marché d’un nouvel aliment par la procédure de notification d’équivalence substantielle : huile d’amandon de mirabelle

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a été saisie par la DGCCRF d’une demande d’avis relatif à une demande d’autorisation de mise sur le marché d’un nouvel aliment dans le cadre du règlement 258/97/CE par la procédure de notification d’équivalence substantielle : huile d’amandon de mirabelle.

Afin de statuer sur l’équivalence en substance et sur la sécurité de l’huile d’amandon de mirabelle, les CES NUT et RCCP estiment que des compléments d’informations sont nécessaires. Ainsi, certaines données comme notamment l’identité et les caractéristiques botaniques de la plante, la constance de la qualité de l’huile produite, les conditions d’utilisation et les niveaux d’utilisation prévus sont demandées. Des évaluations du risque sont également requises (la prise en compte du risque chronique liés à la présence de cyanure, risque lié aux quantités élevées de benzaldéhyde, risque allergique…)

vendredi 4 novembre 2011

Resvératrol : première étude démontrant des effets métaboliques significatifs chez l’Homme

Une étude clinique a pour la première fois mis en avant les effets métaboliques du resvératrol chez l’homme. Jusqu’à présent, ses effets ont été décrits par des études épidémiologiques ou animales, sans jamais mettre en avant un effet direct chez l’homme.
Dans cette étude menée chez 11 hommes obèses recevant soit 150 mg/jour de resvératrol (pur à 99%) soit un placebo pendant 30 jours, les résultats montrent que le resvératrol est capable de modifier un ensemble de paramètres métaboliques conduisant à l’amélioration de la santé des sujets. Les niveaux plasmatiques en glucose, triglycérides et marqueurs de l’inflammation ont été réduits. De plus, la pression artérielle a été largement diminuée par le resvératrol alors que la sensibilité à l’insuline a été augmentée.
Bien que les effets mesurés soient modestes, les auteurs concluent à l’efficacité du resvératrol chez l’homme, et soulignent que cette supplémentation de 30 jours conduit à des effets similaires à ceux obtenus lors d’une restriction calorique. Ils notent aussi l’innocuité de ce traitement.

Référence : Timmers S., et al. (2011) “Calorie restriction-like effects of 30 days of resveratrol supplementation on energy metabolism and metabolic profile in obese humans”. Cell Metabolism 14, 612–622