Nutraveris
lundi 1 mars 2010
Catégorie : Allégations, Convictions, Preuves cliniques | Auteur : experts | Commentaire : Aucun commentaire »
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Cette nouvelle revue est intéressante en ce qui concerne la problématique des  allégations de santé car selon ses auteurs, les résultats des études de supplémentation en calcium et vitamine D sont contradictoires, suggérant que le recours à cette intervention ne serait pas adapté à la prévention de l’ostéoporose, alors qu’un avis positif sur cette allégation a été obtenu pour un comprimé de calcium et de vitamine D.

En effet, pour le groupe NDA de l’EFSA, les libellés suivants reflètent les évidences scientifiques: « Le calcium diminue la déminéralisation osseuse chez la femme post-ménopausée. Une minéralisation osseuse basse est un facteur de risque de fractures ostéoporotiques » et « Le calcium et la vitamine D diminuent la déminéralisation osseuse chez la femme post-ménopausée. Une minéralisation osseuse basse est un facteur de risque de fractures ostéoporotiques ».

En outre, en plus des produits laitiers, les fruits et légumes apparaissent comme des facteurs de protection de la santé osseuse. Plusieurs nutriments, y compris le magnésium, le potassium, la vitamine C, la vitamine K, plusieurs vitamines B, et les caroténoïdes, se sont révélés être plus importants qu’on ne le pensait. Plutôt que d’avoir un effet négatif sur l’os, l’apport en protéines semble bénéfique, en particulier chez les personnes âgées. La consommation régulière de boissons au cola montre des effets négatifs alors que la consommation modérée d’alcool présente des effets positifs sur les os, particulièrement chez les femmes âgées. Certains de ces actifs ont déjà un avis positif sur cette demande.

Toutes les allégations sont accessibles en ligne sur Nutraveris’on line

Référence: Tucker KL. Prévention de l’ostéoporose et la nutrition. Curr Osteoporos Rep 2009 Dec; 7 (4) :111-7

Un nouveau dossier de demande d’allégation a été déposé en article 13.5 auprès de l’EFSA par Kellogg pour une application minceur. Cette allégation porte sur des céréales du petit déjeuner prêtes à consommer et revendique une réduction du poids, de la masse grasse et du tour de taille. Le panel de l’EFSA considère que le maintien ou l’atteinte d’un poids corporel normal est bénéfique pour la santé et que la réduction de masse grasse peut également représenter un effet bénéfique pour la santé. Cependant, la pertinence biologique est également à prendre en compte et une diminution temporaire du tour de taille de moins de 1 cm a été considérée d’une pertinence biologique limitée par le panel. A ce jour, aucune allégation déposée en article 13.1 ou 13.5 pour une application minceur n’a reçu d’avis positif de l’EFSA.

Référence: http://registerofquestions.efsa.europa.eu/roqFrontend/questionsListLoader?panel=ALL

Comme prévu, après avoir rendu des avis négatifs pour la glucosamine et la chondroïtine (voir notre précédent article) dans le premier lot des allégations en article 13.1 publié en octobre dernier, le groupe d’experts de l’EFSA sur les produits diététiques, nutrition et allergies (NDA) a également rejeté la masse des autres principaux actifs utilisés pour la santé des articulations, avec en tête de file l’harpagophytum et le curcuma.

Selon les experts du NDA:

  • Le maintien d’articulations saines est un effet physiologique bénéfique
  • Aucune étude clinique étudiant  les effets d’un ou plusieurs aliment(s)/ complément(s) alimentaire(s) sur le maintien d’articulations saines n’a été fournie en ce qui concerne les allégations de santé évaluées. En effet, aucune conclusion scientifique ne peut être tirée pour la justification d’allégation à partir des références sur un ou plusieurs produit(s) alimentaire(s)/complément(s) alimentaire(s) autres que ceux pour lesquels les allégations spécifiques sont proposées, et/ou ceux où aucune relation de cause à effet n’est revendiquée par rapport à la structure et/ou la fonction articulation, et/ou sur les antioxydants ou les propriétés anti-inflammatoires de(s) produit(s) alimentaire(s)/complément(s) alimentaire(s) utilisés dans certains pays dans la gestion des conditions médicales associées à des lésions articulaires aiguës ou chroniques, d’origine inflammatoire ou dégénérative (arthrose par exemple, la polyarthrite rhumatoïde, le rhumatisme psoriasique, l’arthrite d’origine infectieuse).

Suite aux avis négatifs sur les allégations de santé soumises pour l’articulation, il ne sera probablement plus possible de communiquer sur ces produits qui représentent le premier marché pour les compléments alimentaires en Europe!

En effet, les études démontrant l’efficacité de la glucosamine, la chondroïtine, l’harpagophytum, le curcuma et autres sur l’articulation ont essentiellement été réalisées dans des populations malades (arthrose, polyarthrite rhumatoïde, etc …), populations ne pouvant être utilisées en nutrition santé.

Comme nous l’avons anticipé, exprimé il y a longtemps dans une interview pour nutraingredient (http://www.nutraingredients.com/Industry/Industry-split-on-glucosamine-health-claim-rejection) il est indispensable de prouver l’efficacité d’un ingrédient caractérisé (glucosamine ou autres ingrédients pour l’articulation) chez des sujets sains dans une étude bien designée, type d’étude que nous avons lancé déjà il y a plusieurs mois.

Toutes les allégations sont accessibles en ligne sur Nutraveris’on line

Cette revue revient sur la question du bêta-carotène (voir notre précédent article), bénéfique ou dangereux, déjà abordée dans ce blog. Les nouveaux résultats (études ATBC, CARET, Antioxidant Polyp Prevention, E3N…) confirment ce à quoi l’on pouvait s’attendre, les effets néfastes de la supplémentation en bêta-carotène sont corrélés avec le fait de fumer des participants.

Ce n’est donc pas la supplémentation en bêta-carotène mais le tabagisme qui est dangereux pour les fumeurs !

De nombreuses études épidémiologiques ont montré l’association entre les niveaux plasmatiques de bêta-carotène ou sa consommation avec une réduction du risque de cancer du poumon. Pourtant, des études menées chez des fumeurs ont montré, de façon inattendu, une augmentation des taux de tumeur du poumon après une supplémentation élevée et sur le long terme, en bêta-carotène.

Les auteurs ont conclu que les études menées chez l’homme et l’animal ont montré que des circonstances spécifiques, parmi lesquels un tabagisme important, semblent influencer l’effet d’apports élevés en bêta-carotène. Dans les populations de sujets normaux, sains, non-fumeurs, il existe des évidences des effets bénéfiques.

Référence: Goralczyk R. ss-Carotene and Lung Cancer in Smokers: Review of Hypotheses and Status of Research. Nutr Cancer. 2009 Nov;61(6):767-74

Le 25 Février, l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) a publié une seconde série d’avis relatifs aux allégations génériques déposées (voir notre article).

La demande d’allégations sur les propriétés anti-oxydantes du thé (Camellia sinensis), incluant les catéchines de thé vert et les tannins du thé noir, s’est soldée par un nouvel avis négatif de l’EFSA : le Panel a conclu qu’aucune relation de cause à effet n’avait été démontrée entre la consommation de catéchines (incluent l’EGCG) de thé vert et la protection de l’ADN, des protéines et des lipides contre le stress oxydant.

Bien que le libellé de l’allégation déposée ne visait pas spécifiquement les dommages oxydatifs de l’ADN à l’intérieur des cellules, ou des protéines, ni la peroxydation lipidique, l’EFSA a reproché :

–      l’absence d’étude clinique ayant évalué les dommages oxydatifs de l’ADN intracellulaire à l’aide de marqueurs adaptés (pertinents et validés),

–      le manque d’étude ayant évalué la persistance de l’effet des catéchines de thé vert sur la peroxydation lipidique,

–      le manque d’étude ayant évalué l’effet des catéchines de thé vert sur le dommage oxydatif des protéines.

En effet, le Panel semble considérer que seul le libellé suivant peut traduire un effet physiologique bénéfique : protection de l’ADN, des protéines et des lipides contre les dommages oxydatifs.

Cette reformulation du libellé peut en partie expliquer l’inadéquation entre l’allégation évaluée et les données d’efficacité fournies dans le dossier de demande.

http://www.efsa.europa.eu/fr/scdocs/doc/1463.pdf